Aïklando

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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
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 A nouveau réunis ...[Pv Norui]

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Dante Bélial
¤Prince des Océans¤
¤Prince des Océans¤


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MessageSujet: A nouveau réunis ...[Pv Norui]   Sam 28 Fév 2009, 01:15

Lorsque l’on est marin, les jours se suivent et se ressemblent. L’on passe son temps à traquer les pirates et hors-la-loi en tout genre, on les suit à la trace grâce aux cadavres, aux villages et à tout le chaos qu’ils sèment sur leurs passages. Tout le monde a, et ce, depuis toujours entendu parler d’histoire de pirates toutes aussi incroyable les unes comme les autres. Pour la plupart elles se résument à raser un village ou un bâtiment et ne jamais laisser aucun survivant. Mais si l’on réfléchit un tant soit peu, comment naitraient les légendes s’il n’y avait personne pour en témoigner ?

Pourtant, voguant sur ces eaux parfois claires et pures comme le plus beau de joyaux, parfois sombre et ténébreuses comme l’enfer lui-même, il existe certains pirates et marins qui méritent que l’on s’intéresse a eux, a leurs histoires, car sans eux les livres que l’on raconte aux enfants seraient bien ennuyeux, vous ne trouvez pas ?

Dante lui n’as pas d’enfant, pas de descendance, pas d’héritier, et à vrai dire il n’en a pas besoin, car il sait qu’il lui reste de longues années devant lui. Il n’a donc pas de livres à lires à qui que ce soit, Dante est une personne très rare, il fait lui-même l’histoire en y participant ardemment. Cet homme-la, ou plutôt ce Démon n’est rien de moi que le prince des océans, le pirate le plus craint qu’il y ait a l’heure actuelle, sa tête étant mise a prix a la plus grosse prime que l’on puisse imaginer. Il fait partie des 4 rois des démons, chacun ayant leur propre domaine de prédilection, à savoir les quatre éléments que l’on connait tous. L’air, la terre, le feu et l’eau, qui vous l’aurez compris est celui de ce cher Dante.

Bien que l’histoire de Dante, ses jeunes années, sa prise de pouvoir et ses multiples batailles soient très passionnantes, nous n’allons pas parler de cela, l’heure est venue à présent de commencer une toute nouvelle histoire, qui va sans doute changer bien des choses pour le prince des océans…


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L’air était agréable, une petite brise s’engouffrait dans les immenses voilures de la « Mary céleste », les oiseaux virevoltaient dans les airs, émettant des petits cris tantôt agréables, tantôt agaçants. La fin de journée approchait et la plage était en vue, bientôt le prince des océans foulerait le sol de cette plage, et irait rendre visite a quelques amis…

Des amis ? Pas exactement. Plutôt des soumis. Oh la barrière est bien souvent très mince me direz-vous, mais dans ce cas précis, il valait mieux être du bon coté. Ces amis donc n’étaient rien d’autre que des elfes marins. Les elfes, ce peuple qui est connu comme étant le plus répandu et le plus ancien qu’il soit, ce peuple qui ne se soucie que d’une chose : son bien-être. Très pratique lorsque l’on est un démon tel que Dante et qu’on leur garantit leur protection. Si l’on ne peut se lier d’amitié avec les elfes, on peut toujours trouver un arrangement, oh bien sur pas avec les elfes noirs, bien trop imbu de leurs personnes, mais plutôt avec les elfes marins. Car s’il est une chose courante parmi les peuples marins, c’est la solidarité(cela exclu bien évidemment les hommes, qui eux veulent s’approprier la moindre parcelle de terre et d’eau).

La « Mary Céleste » avait jeté l’ancre à bonne distance des côtes de l’île de Rosyel, n’ayant pas de port elle était protégée des attaques marines. Mais Dante et son équipage eux connaissaient un endroit parfait pour arriver en toute discrétion, le lieu de vie des elfes marins, la Crique de Sépaka. Cette crique est très isolée et très difficile d’accès, de plus leurs habitants sont d’excellents marins et la protègent contre toute intrusion. Mais lorsque deux barques approchaient en toute sérénité, et ayant un prince dés démons a son bord, personne ne s’interposait, d’ailleurs un petit comité d’accueil se tenait déjà sur la plage.

Un elfe plus âgé a l’allure de sage vint accueillir Dante et son équipage dès qu’ils foulèrent le sable. Il semblait être le chef, le doyen de ce peuple. Il connaissait très bien Dante, ils avaient un passé commun et le chef des elfes marins connaissait la cruauté légendaire de son invité.


« Seigneur Bélial, votre visite nous honore » dit-il en s’agenouillant. « Veuillez me suivre, je vous accompagne jusqu'à l’entrée, vous allez pouvoir faire votre dépôt… »

Dante acquiesça, il ordonna a trois de ses hommes de venir avec lui et de prendre un coffre métallique assez imposant, et a trois autres de rester en position sur la plage, on ne pouvait jamais être sur d’une attaque ennemie, surtout sur cette île. Et en ce cas, il valait mieux ne pas être tous à l’intérieur de la grotte, pris au piège par un peuple malintentionné.

Le sage Ahilin ouvrait la voie, suivit par Dante et ses trois généraux, Hank le balafré, Zeff les poings noirs, et Kélias le sorcier. Ils entrèrent donc dans un labyrinthe de grottes froide et humide. Les minutes s’écoulaient et personne ne disait mot, les grottes de cette crique abritaient les tombeaux de tous les elfes marins défunts, un lieu de paix éternelle. Au bout d’un long et sinueux tunnel se trouvait un grand escalier en spirale. Il conduisait dans les profondeurs de l’île, bien en dessous du niveau de la mer. Chacun des membres du groupe, équipés d’une torche descendit lentement et surement, les généraux de Dante prenaient garde à ne pas renverser le majestueux coffret métallique qu’ils étaient venus déposer.

À l’extérieur de la crique, l’ambiance était bien plus détendue, les hommes du capitaine Bélial flirtaient, comme bien souvent avec les jolies elfettes marines, qui avec leurs peaux nacrées, leurs formes généreuses et leur magnifique chevelure argentée ne manquaient pas d’atouts pour charmer ces males. D’ailleurs bien souvent la nuit qui suivait une visite en ces lieux se terminait par des effluves amoureuses…

De retour dans les grottes, notre petit groupe était arrivé au bas de l’escalier en spirale. (Ceux qui portaient le coffre avaient eu un peu de mal tout de même). Ils pénétrèrent ensuite dans un sombre tunnel glacial. La lueur des torches lui conférait un aspect immatériel, de part et d'autre, des niches étaient creusées, laissant deviné les formes massives des sarcophages. Un sentiment de malaise envahit un général, il avait l’étrange impression d’être surveillé. Non pas un être en chair et en os, mais par des spectres tapis dans les ténèbres. Chacun des tombeaux devant lesquels ils passaient était surmonté d’un gisant de pierre, représentant le défunt. Les corps semblaient émerger de leurs cercueils de pierre, cherchant à échapper à leur emprisonnement. Au passage de la procession des torches, ces silhouettes prostrées jaillissaient de l’ombre avant de disparaitre dans une danse macabre en ombres chinoises.

Tout à coup le doyen elfique stoppa sa marche. Ils étaient arrivés. Ils se trouvaient à présent devant une immense porte de granit circulaire. Aucune inscription, aucun garde, rien ne laissait deviner les richesses contenues dans la pièce juste derrière. Les généraux déposèrent le coffre sur le sol et s’avancèrent en direction de l’immense porte lorsque Ahilin prit la parole et les stoppa d’un geste de la main.


« Seigneur Bélial, il y a une chose que je ne vous aie pas dite… »

Le pauvre vieil elfe semblait penaud, quelque peu craintif quand à la réaction du prince des océans. Dante qui n’avait quasiment pas prononcé un mot depuis de nombreuses minutes lui fit signe de continuer son explication, attendant patiemment ce qui allait suivre.

« Voilà…Hum…Cette jeune femme est arrivée il y a de cela deux jours, je ne sais pas comment elle a fait, mais elle se trouve dans votre pièce…Un de mes gardes l’avait vu pénétrait dans nos galeries, mais en le voyant elle s’est enfuie, et je ne sais par quel moyen elle a ouvert puis refermer cette porte. »

Dante semblait perplexe. Une femme seule aurait réussi à faire coulisser une si large porte ? Bien il n’aurait qu’à la mettre dehors avec quelques baffes à travers le visage et l’histoire serait réglée.

« Elle ne représente aucun danger, elle et seule et c’est une femme…allez, ouvrez-moi cela… »

Après un court silence, les trois hommes s’exécutèrent, ils agrippèrent a deux mains l’immense porte en granit, écartèrent légèrement les jambes pour obtenir un meilleur appui et poussèrent en même temps. Dans un crissement de meule, la porte coulissa et laissa apparaitre une immense pièce ou se trouvait entreposé un nombre incalculable de richesses. Des dizaines de coffres ouverts contenant des milliers de pièces d’or, des couronnes, du mobilier en or, des armes, des joyaux et une femme…Oui, le doyen avait dit vrai, il y avait effectivement une jeune femme qui se tenait là, une couronne en or bien trop grande sur la tête, quelques colliers de perles autour du cou.

Les généraux et le vieux sage échangèrent des regards interrogateurs lorsque cette jeune demoiselle se retourna. Ils s’écartèrent et Dante n’en crut pas ses yeux, comment une telle chose avait pu arriver, quel était ce miracle qui pouvait faire qu’elle soit la, dans cette pièce ? Le grand prince des océans n’était plus, dehors toute sa puissance et sa magnificence, à cet instant, il n’y eut qu’un seul mot qui sortit de sa bouche.


« Norui ?... »


[Hj : Voila, j’ai tenté de faire aux mieux, si quelque chose ne va pas n’hésite pas a me le dire Wink je file me coucher j’suis épuisé^^]

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Norui Minai
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MessageSujet: Re: A nouveau réunis ...[Pv Norui]   Ven 20 Mar 2009, 15:06

Norui aurait été incapable de dire combien d'îles l'archipel contenait. Dans son esprit, il devait y en avoir des centaines, des milliers. En effet, à chaque fois qu'elle posait le pieds sur un rocher, une plage ou un ponton, elle s'imaginait qu'elle était sur une nouvelle île, un endroit où elle n'était jamais venue. Si ça ne ressemblait pas à ce qu'elle avait déjà vu, ça ne pouvait pas être la même chose. Quand bien même il s'agissait toujours de Lan Rei ou Rosyel, si elle débarquait à un endroit inconnu de ces îles, elle pensait forcement que c'était une île différente. Les îles se résumaient donc à ce qu'elle en connaissait et chacune obtenait de nouveaux noms au gré de l'imagination de la petite, de nouvelles identités, toute une histoire parfois. Pour elle, Lan Rei n'était que le port de Reilor et les plages encadrés de verdure. Les falaises où elle avait failli mourir de soif sans trouver de chemin d'escalade, ce n'étaient pas Lan Rei mais Hamrad. Les montagnes dans lesquelles elle allait s'engouffrer avant qu'Ylian ne l'arrête, ce n'était pas Lan Rei mais Brendian.
Ce jour là, elle baillait donc au milieu d'un bosquet de palmier le long de...


"Hum..."

Elle glissa un doigt au milieu du buisson qui lui servait de chevelure. Comment appeler cette endroit? Elle voulait quelque chose qui sonne sucré comme les fruits incroyables que l'on trouvait à foison aux alentours. Il fallait également que ça soit tiède comme les vents tourbillonnants, emprisonnés entre les bras de la baie, comme le sable clair en début de soirée. Il fallait un nom turquoise et blanc à cet endroit. Il faudrait éviter les consonnes colériques, les rrr qui écorchent, les k qui brisent. Cette crique devrait avoir un nom de gourmandise faite par une grand-mère. Elle était pareille aux bonbons, rendue plus délectable car parfaitement dénuée de fonction. C'était de la confiture de paresse. C'était...

"Soélys"

Ca avait des morceaux de soleil confits à l'intérieur et puis la moitié du délice. Il avait fallu qu'elle le prononce à voix haute pour voir le résultat, car un mot n'a pas du tout la même sensibilité quand il est pensé, écrit ou prononcé. Norui n'était pas tout à fait convaincu d'avoir trouvé LE nom de ce lieu, mais en tout cas, ça ferait un nom provisoire en attendant de trouver l'idéal. Elle se tortilla un instant, faisant crisser le sable, ce sable vicieux qui s'insinuait en bas de son dos, trouvant un passage entre ses jupons et son haut. Mais ce n'était pas une intrusion désagréable, c'était une démangeaison taquine, un peu comme l'ami qui vous prend les côtes par surprise pour vous chatouiller. Ses prunelles rouges, encore un peu réticentes à s'ouvrir au monde, dévisageaient les longues palmes qui flottaient comme des drapeaux au dessus de sa tête. Le soleil lui faisait face, laissant le feuillage en contre-jour. De nombreuses zébrures d'ombre et de lumière se hasardaient sur sa petite silhouette. Une longue feuille s'interposait pour bloquer les rayons à hauteur de ses yeux, la laissant s'émerveiller sans s'aveugler. Norui souriait. Comme si souvent, elle avait le sentiment d'être aimée des dieux, de la nature, tout semblait s'arranger pour s'incliner à son passage. Mais quoi de plus normal après tout, puisqu'elle était le centre du monde? Elle était le soleil existentialiste de tout cet univers, elle était l'axe autour de quoi tout était imbriqué et le moindre de ses mouvements entrainait le monde. Il était normal que chaque chose et chaque personne l'adore, que ça soit la fourmi désireuse de parcourir sa peau, l'inconnu répondant à ses salutations ou le vent nait pour la rafraichir. Tout n'était qu'offrande au miracle qu'elle était. Même cet astre bedonnant et débonnaire qui la regardait tendrement s'éveiller dans un ciel de mai, ce n'était là qu'un reflet d'elle-même, et encore, plus proche de son ombre.

Elle laissa passer le bout de sa langue entre ses dents, mordillant dans une moue malicieuse, avant de lécher ses lèvres un peu rudes. Quand elle serait mieux réveillée, il faudrait qu'elle aille jusqu'à l'amas de rochers dans une clairière toute proche. Elle avait trouvé cette endroit dès son arrivée, de nombreux creux immenses faisaient office de réserves d'eau de pluie. Malgré les grandes chaleurs, le liquide restait glacé. Et il avait un goût de mousse.
Elle se redressa, assise tant bien que mal, tiraillée par une envie suave de se rendormir encore, pour quelques siècles seulement. Les troncs minces et souples formaient un cercle serré autour d'elle et lui créaient un nid simple et protecteur. Dès son arrivée, elle avait remarqué la cité calme et discrète des elfes marins, au sud de la baie, et eux aussi l'avaient remarquée, ce petit brin de femme sans doute perdu, mais personne ne s'était inquiété de sa présence. Tant qu'il n'y aurait pas d'incident, ces êtres pacifiques ne sortiraient pas de chez eux. Ce qui était étrange, c'est que Norui, qui habituellement ne savait vivre qu'entourée de gens avec qui dialoguer, n'aie pas eu comme premier réflexe d'aller les trouver. En réalité, elle s'était senti si diablement bien dans le coin qu'elle avait trouvé, avec ce silence plein de bruissement animal, ces couleurs presque primaires, l'abondance d'eau et de fruits, qu'elle avait pour une fois choisi de savourer l'extase de cette exclusivité, dénuée d'être humain, d'être pensant, parlant, bruyant, agissant. Elle-même n'entrait pas dans ce lot, elle n'était qu'un courant d'air persuadé de se fondre dans le paysage.
Dans l'ombre de l'un des arbres, près de l'étui, Féa dormait encore. Il était presque roulé en boule, comme un chat. Pas tout a fait... En réalité il ressemblait plus à une poule somnolant au dessus de ses œufs. Sa petite tête était maintenue droite par un effort inconscient. Cet oiseau n'était décidément pas sérieux. Il faudrait peut-être qu'elle lui apprenne un jour que ce n'est pas ainsi que dorment les vrais faucons. Les plumes duveteuses autour de son cou se gonflèrent un instant, comme dans un soupir, avant qu'il ouvre douloureusement un de ses yeux ronds. Les marques noires qui siégeaient en dessous auraient presque pu se faire passer pour des cernes. Les deux compagnons se dévisagèrent avec sérieux, il y avait comme un dialogue sourd entre eux. L'oiseau bougon semblait la mettre au défi de le réveiller plus que cela, il semblait lui dire que non, il n'avait pas l'intention de bouger de là, et que si elle croyait pouvoir l'y forcer, elle se mettait le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Et pourtant, malgré les éclairs jaillissant de ses prunelles d'or, quand Norui se pencha vers lui avant de le soulever dans ses mains en forme de coupe, l'oiseau fut tracté bien loin de ses songes. Amoureusement indigné de la cruauté de sa jeune maitresse, il s'ébroua au creux de ses mains, laissant tomber une pluie de sable, avant d'agiter ses ailes avec de grands mouvements, dignes d'un politicien en colère. Il marmonna comme pour lui-même avant de jeter de grands cris de reproches à la jeune fille tout en dodelinant de la tête. Puis, encore tout fier du vacarme qu'il créait, il s'envola. Humain, il aurait sans doute théâtralement claqué la porte. Enfin, s'il y avait eu une porte.

Norui observa l'ombre planante de son compagnon disparaitre dans l'ouverture bleue au dessus de sa tête. Puis, de bonne humeur, elle agrippa négligemment la sangle de son étui afin de placer celui ci contre sa hanche. Il était étrange de voir avec quelle attention elle protégeait ce trésor alors qu'elle ne savait même pas comment elle avait eu ce violon, quelle valeur il pouvait avoir. Encore plus étrange, elle évitait au possible de poser les mains dessus. Elle n'ouvrait la sacoche que pour en vérifier le contenu, de temps en temps, jeté un regard émerveillé et inexplicablement nostalgique sur son bois roux et abimé par les aventures. Toujours est-il qu'il était hors de question d'aller se promener en le laissant là, contrairement à la vieille veste d'homme, trois fois trop grande pour elle, qui englobait le petit tas de fruits qu'elle avait cueillis par avance et allait devoir rester seule au milieu des palmiers accueillants. Elle hésita un court instant, ses doigts s'agitant comme ceux d'un magicien, avant de plonger pour piocher l'un des fruits. Elle contempla la sphère noirâtre, légèrement bleue, trônant dans sa paume, puis d'un sourire, elle referma doucement ses doigts dessus
Sans plus attendre, elle quitta son antre pour aller visiter cette terre si bienveillante. Depuis cinq jours qu'elle était ici, elle s'était contentée de ce minuscule coin de plage et début de forêt, mais il était temps d'aller flâner alentours, titiller les individus lambdas, déranger quelques animaux et paysages paresseux tout en plantant ses dents dans ce fruit au goût de lune.

Ses pérégrinations hasardeuses et lentes finirent par l'amener vers les falaises du sud, là même où elle avait remarqué les va-et-vient des elfes marins lors de son arrivée. La rocaille était percée de toute part, comme un énorme gruyère. En plus dur. Et moins mangeable. Elle s'arrêta au devant d'une petite ouverture. Elle était fascinée et comme prise de vertige. Elle se sentait happée par ce gouffre vertical qui, plus loin, était ponctué par de minuscules lanternes, ressemblant à des yeux de monstres, battant des paupières à chaque courant d'air. Norui ne savait guère ce qui dominait en elle: l'attraction ou la répulsion. Elle sentait son cœur fondre et couler entre ses côtes saillantes, glisser par accoups de plus en plus rapides dans sa chair. C'était de l'enthousiasme, une adrénaline vieille et retrouvée. Elle était déjà venu, et elle avait aimé cette endroit. Mais dès qu'elle pensait cela et s'apprêtait à se jeter tête la première dans les galeries, les dégoulinures de son cœur semblaient se figer pour former des stalactites brutales et blessantes, glaciales. Non, cet endroit faisait partie des rares zones où elle se sentait en danger, l'un des lieux où une goutte d'eau pouvait facilement s'amuser à éteindre le soleil. Il fallait fuir, oublier la manière d'y venir. Cette grotte appartenait aux ombres qui l'avaient perdue, par le passé. Impossible de savoir d'où venaient ces certitudes, elles étaient simplement là, impériales, implacables. Mais à vrai dire, elle était trop hypnotisée pour chercher à se psychanalyser, et c'est à la manière d'un papillon de nuit grisé par une ampoule qu'elle s'avança à pas lents dans les semi-ténèbres. Elle voyait son ombre projetée devant elle par la lumière de l'extérieur, mais rapidement, cette présence rassurante se fit moins téméraire, préférant se cacher dans quelques replis de ses jupons. Mais maintenant, il fallait bien avancer, elle ne se sentait de toute manière pas capable de tourner le dos à cette noirceur.

Bien que nerveuse, la jeune femme regagnait peu à peu sa malice, au fur et à mesure qu'elle avançait et que rien de mauvais ne lui tombait dessus. Elle ressongeait à son impression de déjà-vu, sans en trouver l'origine. A ses yeux, l'explication la plus probable était qu'elle ait joué à cache-cache dans ces tunnels. La flamme d'une lampe éclaira la lave de ses prunelles et l'éclair de son sourire avant que la danseuse fuyante replonge ce visage d'enfant dans les ténèbres. Cette galerie devait être l'une des plus petites entrées, si l'on considérait le nombre réduit de lampions, leur espacement. L'autre preuve était l'absence de gens. Mais dès qu'elle arriva à un croisement avec une artère plus large, elle remarqua un homme qui lui tournait le dos, sans doute regardant du côté de l'entrée de ce tunnel, attendant peut-être de contrôler d'éventuels arrivants. Il ne mit guère longtemps à la repérer avec le tintamarre que faisaient toutes ses breloques. Il se retourna d'un seul geste et la dévisagea, surpris de ne pas trouver le visage et l'allure d'un elfe des mers. Il devait voir peu d'intrus en réalité. Il avisa un geste dans sa direction, rassuré de voir que l'étranger n'était qu'une femme avec une allure un peu extravagante. Il n'aurait qu'à lui dire un mot pour savoir ce qu'elle faisait ici et pour lui expliquer que l'accès n'était pas libre. Elle n'avait pas l'air hostile. Aucune arme visible. Mais à peine eut-il fait un pas vers elle que la fille aux cheveux lunaires s'éclipsa, sans qu'il sache si le tintement entendu était simplement du à ses bracelets ou si elle avait rit.
Dans son avancé dignement romancée par son esprit fantasque, Norui était persuadée que ce personnage rencontré attendait depuis des siècles son retour -digne de l'enfant prodige- pour avoir l'occasion de refaire une partie de cache-cache légendaire en sa compagnie. Sans plus attendre, elle s'était donc élancée dans la première voie venue. Étrangement, malgré sa discrétion de pachyderme, son compagnon de jeu perdit vite sa trace. Ainsi, elle eut tout le loisir de flâner jusqu'à trouver LA bonne cachette. Arrivée dans un cul-de-sac, mue par un instinct de praticien, elle contourna une énorme stalagmite étrangement arrondie, comme un navet, et se retrouva donc le dos contre ce drôle de légume rocheux, dévisageant une petite ouverture presque invisible au ras du sol. Elle la devinait plus qu'elle ne la voyait, mais son esprit lui avait fait pressentir le passage, et comme on ne refuse rien au soleil, il s'était contenté d'être là. En réalité, ce trou était juste assez grand pour laisser passer un humain fluet, si celui-ci voulait bien se donnait la peine de crapahuter à quatre pattes. S'agenouillant avec empressement, elle s'engagea dans le goulot étroit sans même se poser de question. C'était probablement ici qu'elle s'était cachée, par le passé, alors elle n'avait pas à s'inquiéter.

Ce petit tunnel n'était pas long, il devait faire moins de cinq mètres de longueur. Arrivée à l'autre bout, Norui resta encore un instant agenouillée, les paumes incrustées d'une terre rude. Face à elle, alors qu'aucune loupiote ne montrait le bout de sa flammèche, une étrange aura lumineuse et diffuse flottait, fantomatique, semblant provenir d'innombrables amas inidentifiables. Ca et là, des tâches de couleurs teintaient cette étonnante atmosphère. Après un temps, la jeune femme se redressa lentement, une phrase en tête, une phrase qu'elle avait du prononcer, avant: "il faudra absolument reboucher ce passage, c'est risqué. Quelqu'un pourrait découvrir ce passage et notre cachette". Qu'avait-elle bien pu entendre par "risqué"? En tout cas, elle avait confirmation, elle avait bien joué à cache-cache ici. La petite se redressa lentement, agitant l'une contre l'autre ses petites mains blanches avant de frotter ses genoux pour en faire fuir les monceaux de terre. Norui se sentait misérablement oppressée par un mélange tenace d'odeurs lourdes. Il y avait l'habituelle senteur humide de roche et de mousse, celle de l'ecoeurant salpêtre, mais il y avait autre chose. Un parfum atroce de rouille et de vieille épave et chaque once d'air en était saturé. A chaque respiration, elle avait le sentiment que ce métal vaporeux venait se solidifier dans ses poumons. Semblable à un poisson rejeté sur l'herbe, elle avait l'impression de chercher de l'oxygène là où il n'y en avait pas. Elle entreprit de retenir sa respiration tant que possible, n'inspirant que lorsque c'était inévitable.

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Dernière édition par Norui Minai le Ven 20 Mar 2009, 15:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A nouveau réunis ...[Pv Norui]   Ven 20 Mar 2009, 15:07

Puis elle s'avança vers les monts pâles et luminescents qui se dressaient un peu partout dans cette grotte. Ses pieds éternellement nus rencontrèrent alors quelques débris froids, lui imprimant un mouvement de recul, comme si ses orteils avaient testé la température d'un lac avant de s'y baigner. Puis, après avoir attendu quelques instants de voir si un drame lui tombait dessus, elle foula à nouveau ce qui lui semblait un étrange tapis de feuilles mortes, mais des feuilles épaisses et glacées, rondes et teintant sous ses pas. Encore inquiète, ce bruit la rassura pourtant. Il était agréable à son oreille, clair et joyeux, lui rappelant sa propre musique, les carillons de ses multitudes de bracelets et breloques. Ses petits pieds s'enfonçaient parfois au milieu de l'étonnante rivière, glissant sur ces galets invisibles. Sa curiosité l'arrêta, et elle se baissa à nouveau, laissant ses doigts questionner ces mystérieux objets. Elle attrapa l'un des petits disques jonchant le sol, le faisant tournoyer entre ses doigts, rouler sur sa paume, avant de l'approcher tout près de son visage pour tenter de l'examiner malgré la luminosité quasiment nulle. Un sourire grandiose se plaqua sur son visage, un sourire tellement éclatant qu'il devait briller comme un phare dans cette noirceur. Il s'agissait de pièces! D'or, d'argent, de cuivre, elle ne savait pas. Elle renifla le petit palet avant de l'effleurer du bout de la langue. Hum, impossible à dire. Toujours est-il que c'était de la monnaie, ce diable qui lui était perpétuellement réclamé quand son estomac menaçait de se rétracter sur lui-même jusqu'à la disparition pure et simple. Elle tenait la piécette devant son visage comme certains croyants avec l'hostie. Puis elle engouffra le jeton dans l'une des poches de sa sacoche avant de commencer sa cueillette. Non pas que Norui soit cupide, elle qui n'avait qu'une vision trouble de l'argent, mais elle connaissait trop la faim et les étals aguichantes mais inaccessibles des marchés. Alors elle ramassa pendant des heures les pièces une par une, s'arrêtant à chacune en déclarant à quel rêve de gourmandise cela correspondait, déraillant dans des fantasmes délirants et colorés, coupés de souvenirs et étalés sur des anecdotes à venir.

"Voilà un verre de lait de chèvre, tout juste tiré, encore tiède. Et là, c'est un œuf d'omera. Bien gros et tacheté de pourpre. Je le mangerais avec... la miche de pain que voila. Ça, ce sera une fleur de feu."

La liste des régals à venir s'étendit longuement, lui faisait oublier l'odeur de ferraille, mieux encore, la lui rendant appréciable, la rendant comestible, délectable. La poche n'était malheureusement pas sans fond et arriva moment où elle ne put plus accueillir de rêve supplémentaire. Mais la petite était satisfaite, elle avait l'impression d'avoir dans sa sacoche tout le contenu d'un garde-manger bourgeois. Avec le sentiment d'être rassasiée, elle s'assit en tailleur au creux des merveilleuses dunes, posant l'étui entre ses cuisses. Au fur et à mesure de sa récolte, elle avait pu constater qu'il n'y avait pas que des pièces ici, mais tout un tas d'objets fascinants. Émerveillée, ses yeux se montrant plus conciliants au milieu des ténèbres, elle avait pu repérer quelques spécimens intéressants. Comme un chercheur d'or, elle avait arpenté les alentours pour dénicher quelques nouveaux bracelets tintinnabulant aptes à faire son bonheur. Mais, aussi étonnant que cela soit, elle n'avait rien trouvé qui lui convint, aucun cerceau de métal qui ne fut alourdi de cailloux, dont le son ne fut étourdi par des fioritures encombrantes. Déçue, elle s'était donc installée ici, arborant quelques bijoux luxueux et grotesques sur elle, étirant son bras jusqu'à une large couronne. Le diadème était pesant entre ses doigts, une lourdeur désagréable qui le lui fit presque reposer. Mais elle le porta malgré tout à son front avec un petit rire à l'idée de ressembler aux gens illustres. La tiare glissait sur son petit crane d'hirondelle, tantôt à droite, tantôt à gauche, avant de basculer comme une visière sur ses yeux. On aurait dit un animal joueur dont les pattes auraient dérapé sur ses cheveux blancs. Avec un soupir, Norui se laissa glisser sur le dos, le cercle d'or toujours en équilibre sur son nez. Elle frissonna en sentant sur chaque parcelle de peau nue la froideur de l'argent. Ce contact était un peu effrayant dans le noir humide de la caverne mais suffisamment inhabituel pour que la demoiselle, amoureuse de l'insolite, finisse par s'y attacher. Le sommeil la happa sans qu'elle s'en rende réellement compte. Passèrent les minutes et passèrent les heures avec cette merveilleuse question: comment savoir si je suis réveillée ou si je dors, puisqu'il fait aussi noir avec les yeux fermés que lorsqu'ils sont ouverts?

Elle s'éveilla avec l'illusion de n'avoir pas dormi. Drôle d'animal mi-lune mi-soleil, Norui commençait à se languir de la lumière du dehors, même si l'endroit avait su la charmer. Inexplicablement, elle se sentait pourtant attachée à cette caverne d'Ali Baba et tardait à en sortir. Et puis après tout, elle ne savait pas, l'homme des tunnels étaient peut-être encore entrain de la chercher, en sortant elle risquait de lui tomber dessus, lui facilitant la tâche et retirant tout l'amusement du jeu. Elle décida de faire encore un tour avant de sortir au grand air. La couronne glissante s'improvisa bracelet de géant autour de son bras, puis cerceau de danseuse orientale lorsqu'elle commença à tendre son bras sur le côté en décrivant de grands ronds énergiques. Elle imprimait sa morsure en spirale autour de son avant-bras avant de crachoter comme un train qui déraille lorsqu'elle percutait les vrais bijoux de la déchue. Concentrée sur ce jeu d'adresse, Norui marchait en cercle dans la pièce sans trop se préoccuper de ce que ses pieds foulaient, montant et descendant sans ciller des buttes s'affalant sous ses orteils.
Mais si sa formidable chance l'avait préservée jusque là, lui laissant entendre que ce serait toujours le cas, elle l'abandonna au bout de plusieurs tour de piste. L'un de ses petits pieds gris butta subitement contre un coffret en bois, dont les coins étaient cernés de ceintures d'acier cruel. Ce fut un éclair qui écartela ses doigts de pieds. Sautillant un instant sur son pied valide, elle se laissa finalement tomber au sol en couinant. Assise en tailleur, elle baissa la tête vers sa blessure fatale, et c'est seulement son incroyable souplesse qui l'empêcha de baiser ses orteils meurtris. Elle resta longuement à réconforter ces pauvres petits malades, leur sussurant des mots d'infirmières rassurantes. Puis quand elle eut fini de se complaire dans sa douleur, elle s'approcha, méfiante et à quatre pattes, du trouble-fête. D'une main prudente, elle tata le dangereux criminel avant d'en ouvrir le loquet à moitié démoli. Une fois à l'intérieur, ses petites mains fouineuses rencontrèrent diverses bouteilles, toutes de la même taille, assez imposante, certaines vides, d'autres pleines, et quelques unes qui hésitaient entre l'un ou l'autre état. Elle les soupesa avant d'en choisir une. Celle-ci ne contenait pas trop de liquide et n'était donc pas trop lourde. Norui agita doucement la dame-jeanne pour en faire tinter le contenu. Le fluide clapota avec un bruit de fontaine. Ravie, elle entreprit de la délester de son large bouchon de liège, de manière à découvrir quelle entité mystérieuse se cacher au milieu des parois de verre. Ses petits doigts en pattes d'araignée bataillèrent longuement et ne purent crier victoire qu'après l'intervention des dents alliées. Elle le rejeta dans un plop et un vol plané parfaitement synchronisés puis pencha son petit nez au dessus de l'ouverture. Son museau se froissa. Elle ne savait pas ce que c'était, mais ça parvenait à lui picorer jusqu'à l'intérieur des poumons, rien que par l'odeur. Il n'était probablement pas prudent de toucher à cela, encore moins d'y boire. Elle tourna lentement la bouteille entre ses mains, y découvrant l'ombre d'une étiquette poisseuse. Ses yeux se plissèrent. Impossible de lire. Puis, mûe par une idée géniale, elle tâtonna pour retrouver sa couronne et s'en servi pour réfléchir le peu de lumière environnante. Sous le faible reflet, une devise accrocheuse apparue:


"Toutes les routes mènent au Rhum."

[i]Entre les murs de roche sombre, rebondissant sur l'or, sa voix résonnait comme une prière païenne, et cela lui plu. Ca ressemblait au "buvez-moi" impérieux d'Alice au Pays des Merveilles. Norui n'était pas contrariante. Elle porta le vaste goulot à ses lèvres et prise dans son élan, en but plusieurs longues gorgées avant de se rendre compte que le goût était plus abrasif que l'odeur, plus douloureux qu'une soupe à l'herisson. Posant hâtivement le flacon, qui resta droit par un miracle sans nom, elle crachota avec l'impression de chasser son âme. La toux fut longue à se taire laissant ses joues et son front brûlants. Elle avala de longues bouffées d'air comme pour noyer le mal. Sa gorge venait d'ingurgiter un incendie avec toutes ses salamandres et son estomac devenait l'antre d'un dragon farceur, s'amusant à chatouiller ses parois intestinales. L'odeur et le goût du rhum flattaient lourdement en elle, sans se dissiper. Elle dégagea une autre bouteille, espérant trouver de l'eau, la déboucha et renifla, sans rien sentir de plus que l'odeur violente qui ne la quittait plus. Elle but une gorgée prudente, mais quoi que ce fut, ce liquide là ne faisait qu'entretenir l'incendie. C'était peut-être de l'essence. Comme une naufragée échouée sur une plage, à demi-consciente et les poumons emplis de sel, elle se traîna, elle et ses entrailles rongées de l'intérieur, sur la grève, se hissant hors d'atteinte de cette mer alcoolisée. Elle avait gardé la couronne-lampe-torche dans une main et sans se poser plus de question, elle se laissa aller, le visage contre les pièces, exténuée par cette rencontre brutale, l'autre main sur sa sacoche. Pour la deuxième fois, elle s'endormit sans s'en apercevoir.

Elle fut réveillée par un impressionnant grincement de dents. Hagarde, elle se redressa avec un léger mal de crane et les idées un peu défaites, mais rien que ne saurait estomper sa joie de vivre naturelle. Une pièce d'or tomba de son front où elle s'était accrochée, y laissant son empreinte. Du côté droite, d'autres marques semblables apparurent sous ses doigts quand elle effleura sa joue. Assise à nouveau en tailleur, elle replaça la couronne sur sa tête avec un léger grognement. Il fallait maintenant savoir d'où provenait le bruit qu'il l'avait fait revenir à la réalité. Elle se dévissa la tête juste à temps pour voir apparaitre dans le mur derrière elle une ouverture circulaire. La pierre la fermant avait été repoussée dans un bruit de falaise qui s'écroule, et des hommes se tenaient là, leurs torches chassant les ténèbres, jetant de toutes parts des éclairs sur les objets précieux. Leur tournant le dos, son visage les observait pourtant, essayant de retrouver en l'un d'eux les traits de son partenaire de cache-cache. Mais il n'y était pas. Ses yeux se posèrent sur l'un d'eux, sans doute plus important, c'est du moins ce qu'il lui sembla quand les autres s'écartèrent pour lui laisser le passage. Il était grand et son visage était blanc et étrange, sans qu'elle puisse savoir si cela était dû à l'éclairage des flammes. Norui réprima un frisson. C'était... ça, qu'elle craignait dans ces cavernes souterraines, c'était contre lui que son esprit avait monté des barricades. Elle fit un pas en arrière, prête à partir en courant jusqu'au petit tunnel, mue par un instinct de survie qui vociférait "il t'a perdue, il t'a perdue!". Puis cette peur atroce s'envola sans laisser autre chose que le bruit d'un claquement d'aile. Cette homme semblait fasciné, incrédule. Et il la fixait, elle. Alors elle le dévisageait également.
Puis -était-ce l'évidence ou l'incertitude qui parla?- il prononça son prénom.
Bien qu'elle ouvrit de grands yeux ronds, elle ne s'étonna pas qu'il connaisse son nom. Après tout, tout le monde connait le Soleil, le contraire serait ridicule. Il semblait évident que Norui s'impose dans l'esprit de tous, inévitable, essentielle. Elle se remit sur ses pieds, se tournant pour leur faire face avec un grand sourire qui semblait dire "c'est bien moi!". Elle attrapa la couronne qui siégeait maladroitement sur son crâne et la tint au bout de son bras tendu lorsqu'elle effectua une petite révérence amusée. Puis elle se redressa, toujours souriante, s'approchant d'eux en pensant qu'il s'agissait peut-être des amis de l'homme jouant à cache-cache, des amis appelés en renfort. Elle tenait le diadème à deux mains, contre sa poitrine. L'homme face à elle était décidément beaucoup trop grand, elle devait lever sa tête pour le dévisager. Un nouveau tremblement l'ébranla en constatant la disparité de ses yeux, lui faisant perdre un temps son petit rire enfantin, comme un rocher disparaissant sous une vague. Puis il revint, satisfait mais près à vaciller à nouveau.

"Vous m'avez trouvée finalement!"

[Faut être indulgent pour la fin (enfin la seconde moitié...), comme j'ai pas arreté d'être coupée dans mon élan, c'est assez cahotant... Et je fais pas de chute. Et j'ai conscience d'avoir développé des choses dont on se fout, mais pas pu m'en empêcher. C'est long, mais jvoulais pas, jle jure! Bref je... j'ai honte... Je... Pardon! xD ]

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